Contrôle aléatoire préembarquement : une dangereuse illusion de sureté

Dans les aéroports canadiens, le point de contrôle préembarquement déploie des appareils de haute technologique, particulièrement onéreux à implanter et à entretenir ; mais que l’on peut pourtant encore contourner.

La liste des exemples est longue ; aussi n’en citerai-je ici que deux, sur lesquels j’ai déjà écrits dans le cadre de ce blogue.

  • Les fameux scanneurs corporels, tout d’abord. Au Canada, ces « scanneurs qui déshabillent » ne sont utilisés qu’au contrôle secondaire ; c’est à dire seulement lorsque le portique détecteur de métaux du contrôle primaire sonne l’alarme. Cette approche me semble contestable, comme je l’ai précédemment expliqué ici.
  • Les détecteurs d’explosifs liquides, ensuite. Comme je le mentionnais dans un précédent article, ces appareils demeureront  sans grand intérêt tant qu’une technologie efficace ne sera pas en place à toutes les lignes de contrôle préembarquement, dans tous les aéroports et tant que l’on ne les aura pas couplés systématiquement avec un scanneur corporel.

À la lecture de ces textes, on serait tenté de rétorquer : C’est oublier un important niveau de sureté supplémentaire : le contrôle aléatoire au point de fouille.

Non, je ne l’ai pas oublié. Malheureusement, dans les faits, cette mesure se révèle illusoire pour lutter efficacement contre le terrorisme aérien.

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Pratiquer la scientologie en dehors de l’Église : une idée qui prête à discussion

La semaine dernière, à Paris, s’achevait le procès en appel de deux organisations de scientologie, condamnées en première instance pour escroquerie en bande organisée et exercice illégal de la pharmacie. La décision est attendue pour février 2012. L’affaire a connu son lot de déboires. On a beaucoup parlé des diverses exceptions d’inconstitutionnalité soulevées en vain par les avocats de l’Église de scientologie parisienne. On a en revanche un peu moins évoqué les successifs désistements des victimes qui s’étaient constituées partie civile. C’est regrettable, car l’influence de la scientologie sur les anciens adeptes constitue une question essentielle.

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Délit d’abus de faiblesse : la Mission antisectes française part à la dérive

Ce n’est pas de l’acharnement mais bien plutôt l’actualité qui m’amène à consacrer un second article critique à l’encontre de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), quelques jours à peine après celui-ci.

En septembre dernier, le Ministère de la Justice français, assisté de la Miviludes, a publié une nouvelle circulaire sur les sectes (une de plus !) à destination des magistrats. Ce n’est pas un hasard du calendrier : nous entrons présentement dans le procès en appel de deux organisations de scientologie condamnées en première instance à Paris, en 2009.

Ce procès est exemplaire : il a abouti au prononcé d’amendes pénales très élevées mais surtout à des condamnations d’entités de la Scientologie en tant que de personnes morales pour escroquerie aggravée en bande organisée. Une première.

Croyiez-vous que la Miviludes allait capitaliser sur ce succès en passe d’être confirmé en appel ? Pensiez-vous que la Chancellerie allait œuvrer pour rappeler aux magistrats tout l’intérêt de recourir, en matière sectaire, à des incriminations claires, bien établies en jurisprudence, telles que l’escroquerie ?

Que nenni. Les deux institutions ont préféré mettre en avant, pour la énième fois, l’abus de faiblesse de l’article 223-15-2 du Code pénal. Il s’agit pourtant d’un chef d’accusation qui n’a jamais rien donné devant les tribunaux en termes de lutte contre les sectes. Continuer la lecture de « Délit d’abus de faiblesse : la Mission antisectes française part à la dérive »

Immunité légale de la Mission antisectes française : un passeport pour l’immobilisme

Le 17 octobre dernier, l’Assemblée nationale adoptait la proposition de loi relative à la simplification du droit et à l’allègement des démarches administratives. Bénéficiant d’une procédure accélérée, la proposition de loi est aujourd’hui devant le Sénat, où elle attend d’être adoptée définitivement après une seule lecture par chacune des deux chambres du Parlement.

Perdu après 115 autres articles sans aucun rapport, l’article 94 A dispose :

Les membres de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ne peuvent être recherchés, poursuivis, arrêtés, détenus ou jugés en raison des opinions qu’ils émettent dans le rapport annuel remis au Premier ministre dans l’exercice de leurs fonctions.

Autrement dit, voici les membres de la Mission antisectes française, la Miviludes, protégés par une immunité légale pour leurs opinions émises dans le cadre des rapports annuels de la Mission.

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Avec le Chef de la TSA, plus ça change, plus c’est pareil

Le mois dernier, le Chef de la Transportation Security Administration (TSA), M. John Pistole, a accordé une longue entrevue en public au Newseum de Washington (voir le vidéo ici), dans le cadre de la commémoration du 10ème anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

À cette occasion, il a évoqué les changements en cours et futurs au sein de son administration. Mais comme à son habitude, il a énoncé quelques contrevérités.

Ainsi, il évoquait tout d’abord le Checkpoint of the Future, développé par l’International Air Transport Association (IATA). Le projet vise à de reconstruire le point de fouille aéroportuaire en une série de trois couloirs parallèles, chacun correspondant à un niveau de risque spécifique et proposant des système de contrôle adaptés. M. Pistole concluait [à 19’00″] :

Pistole That’s a great concept, but it is not there from a technology perspective.

Certes, la technologie n’est pas encore au point. Mais quand bien même le serait-elle, le Checkpoint of the Future ne serait pas pour autant la panacée. John Pistole reprend ici à son compte la dialectique de sa ministre de tutelle, Janet Napolitano. Pour le Department of Homeland Security (DHS), en effet, la technologie est la solution ultime aux problème de sureté aérienne. Une position officielle que nous avons critiqué il y a peu sur ce blogue. Continuer la lecture de « Avec le Chef de la TSA, plus ça change, plus c’est pareil »

Le massacre norvégien, un nouveau mode opératoire

Un article signé Vigie Lance

Les attentats d’Oslo et la fusillade de l’ile d’Utoeya, ont révélé un tout nouveau mode opératoire qui est en fait un amalgame de tactiques utilisées par le terrorisme islamiste, le terrorisme domestique et les tireurs dits de masse :

  • attentats commis en deux endroits distincts, à intervalles rapprochés (technique propre à la mouvance Al Qaïda),
  • fusillade surprise (attentat de Mumbai),
  • voiture piégée bourrée de nitrate d’ammonium devant un édifice du gouvernement (attentat d’Oklahoma City),
  • fusillade de victimes piégées (tireurs de masse).

Anders Behring Breivik, un Norvégien dans la trentaine, extrémiste de droite, a reconnu être l’auteur de ce carnage qui a fait 68 morts et une centaine de blessés. Il faut rappeler que cette tragédie n’est pas le fait d’un commando armé, mais bien celui d’un seul homme. Breivik est ce qu’on appelle un « lonewolf ». Peut-être a-t-il été « conditionné » par d’autres personnes, c’est ce que pourrait révéler l’enquête plus tard. Il a semé la mort avec une précision quasi-chirurgicale. Cette minutie est généralement le propre des terroristes. Quoi qu’il en soit, Breivik a préparé minutieusement son plan durant plusieurs mois, exactement comme les terroristes islamistes et Timothy McVeigh, un ancien militaire inspiré lui aussi par la mouvance d’extrême droite.

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L’obsession technologique des autorités américaines – Le syndrome de la chaussure piégée

Jeudi dernier, une dépêche de l’AFP faisant état du discours prononcé le jour même, à Las Vegas, par Mme Janet Napolitano, Secrétaire à la sécurité intérieure des États-Unis, devant un parterre de gestionnaires de l’industrie du transport et du tourisme.

Elle y a déclaré que les bombes dissimulées dans les chaussures constituent encore et toujours une menace pour l’aviation civile. Elle a ajouté que son ministère cherche  activement une solution technologique à ce problème. Mais qu’en attendant, les voyageurs devront continuer à ôter leurs chaussures pour les faire scanner au point de contrôle préembarquement des aéroports.

Et d’asséner péremptoirement :

It’s a technological problem.

Cette petite phrase, totalement erronée, est lourde de sens. Elle révèle que, pour les autorités américaines, la sureté de l’aviation civile est avant tout, encore et toujours, une question de technologie : Continuer la lecture de « L’obsession technologique des autorités américaines – Le syndrome de la chaussure piégée »

Aéroport de Francfort : un attentat terroriste inquiétant, pourtant bien vite oublié

Le 2 mars dernier, sur la rampe des arrivées de l’aéroport international de Francfort (Allemagne), un homme est monté à bord d’un autocar qui s’apprêtait à convoyer une vingtaine de soldats américains. Il a sorti un pistolet et fait feu à plusieurs reprises, tuant ainsi deux militaires et en blessant deux autres.

La finalité terroriste de l’agresseur est aujourd’hui clairement établie : Arid Uka, 21 ans, musulman d’origine kosovare résidant en Allemagne, a agi de la sorte pour condamner à sa manière la présence de l’armée américaine en Afghanistan. Les soldats ciblés arrivaient en effet du Royaume-Uni et s’apprêtaient à rallier par la route la base américaine de Rammstein d’où ils s’envoleraient pour l’Afghanistan.

Ce qui frappe le plus dans cette attaque jihadiste, c’est la faiblesse de la couverture médiatique qui lui a été accordée. Une semaine après les faits, les médias internationaux n’évoquaient déjà plus l’événement ; et ce, avant même que ne surviennent le tsunami japonais et la crise libyenne

Pourtant, malgré les apparences, l’attentat de Francfort mérite une attention particulière. Il cumule en effet quatre éléments préoccupants ayant trait à la menace terroriste globale (1) comme spécifique aux aéroports occidentaux (2).

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Scanneurs à liquide dans les aéroports européens – Hypocrisie ou cécité ?

Ces dernières semaines, on parle de plus en plus du prochain relâchement de la restriction sur les LAG (liquides, aérosols et gels) au contrôle préembarquement dans les aéroports européens. Le New York Times vient d’ailleurs d’y consacrer un article.

En effet, d’ici deux mois (le 29 avril exactement), les passagers transitant par un aéroport de l’Union européenne seront autorisés à transporter des produits LAG achetés dans une boutique hors-taxes d’aéroport ou à bord d’un avion de ligne ; et ce, sans avoir à les faire scanner au point de fouille.

On se souvient que cette restriction sur les LAG trouve son origine dans un complot fomenté au Royaume-Uni en 2006 par des terroristes islamistes. Il s’agissait pour eux de faire exploser quasi-simultanément en vol au moins sept avions de ligne assurant la liaison entre l’Angleterre et l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) à l’aide d’explosifs liquides.

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Les médias sociaux comme stratégie politique internationale

Nous savons que les médias sociaux sont un instrument de communication par excellence. Nous connaissons tous leur utilité pour les particuliers. Mais savez-vous comment ils peuvent être utilisés pour la politique extérieure des pays ? Voici trois tactiques, parmi une multitude, qui peuvent être employées par certains gouvernements afin de maximiser leur influence dans le monde.

Tactique 1 – Faire entrer les logiciels nationaux vers d’autres pays comme influence politique et sociale

Les médias sociaux sont très utiles pour les gouvernements qui profitent de leur développement pour imposer toutes sortes de logiciels. Ceux-ci ont un impact important et sont utiles à l’influence gouvernementale via l’international. Par le biais de ces logiciels, le gouvernement peut augmenter son influence à l’intérieur même des pays moins « amicaux » via l’ouverture à sa culture, ses valeurs et ses ambitions. Il est donc profitable pour le pays de soutenir la fabrication de ces logiciels au niveau des entreprises locales ou multinationales, ayant le siège social principal au pays. Pour y arriver, des dérogations, voire des bénéfices sont offerts aux entreprises qui désirent développer des logiciels ou des versions de leur technologie à des pays étrangers.

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