Arrestation mortelle du NYPD : une bavure policière… mais pas par étranglement

judo

Les apparences sont souvent trompeuses : l’étranglement est l’une des techniques les plus appropriées pour contrôler un individu agité lors d’une arrestation policière.

La semaine dernière, à Staten Island (New York), un homme de 43 ans, Eric Garner, est décédé lors de son arrestation par plusieurs policiers du New York Police Department (NYPD).

L’arrestation, filmée par des passants, a été largement médiatisée. On peut y voir le suspect se faire amener au sol, puis être maintenu à terre par rien moins que six policiers.

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Bris de sureté à l’aéroport de Brisbane – La gestion du risque niveau zéro

Aviation civileTous les professionnels de la sûreté de l’aviation civile vous le répèteront : le risque zéro n’existe pas. Tous vous le martèleront : il faut adopter une approche de gestion du risque. Problème : tout le monde le dit mais (presque) personne ne le fait.

Cette semaine, à l’aéroport international de Brisbane (Australie), s’est produit un bris de sûreté qui a conduit à faire sortir de la jetée 2 000 (deux mille !) passagers et à tous les faire passer une nouvelle fois au contrôle préembarquement. La raison de ce branle-bas de combat : une paire de ciseaux, aperçue trop tard au scanneur dans le bagage à main d’un passager.

Y avait-il vraiment besoin de perturber ainsi les opérations aéroportuaires et de nuire à ce point :

  • aux 2 000 passagers déjà dans la jetée,
  • aux centaines de passagers qui devaient y accéder au cours des prochaines heures,
  • et aux centaines de passagers bloqués dans les avions qui venaient d’atterrir ?

Pour moi, la réponse tient en trois mots : non, non, non.

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Disparition du vol MH370 – Les principales hypothèses en une image

Outils d’analyse en renseignement
appliqués à la disparition du vol MH 370 (1/3)


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Aviation civileThéorie du renseignementCette semaine, j’ai soumis à mon ex-collègue-et-néanmoins-ami Stéphane Berthomet un schéma synthétisant les principales hypothèses dans ce qu’il faut bien appeler le mystère du vol Malaysian Airlines 370.

Ancien policier de l’antiterrorisme français – devenu néo-Québecois -, Stéphane est aujourd’hui spécialiste des questions policières au réseau TVA Nouvelles et chroniqueur au Journal de Montréal. Il s’est tout de suite intéressé au document et l’a publié sur son blogue professionnel – blogue dont je recommande d’ailleurs, à d’autres égards, de faire une lecture récurrente.

Le graphique ci-dessous repose sur une technique d’analyse structurée dite Hypothesis Mapping. Il ne prétend ni à la précision d’une horloge suisse, ni à l’exhaustivité, mais tente de capturer en une image les principales hypothèses avancées dans cette affaire, ainsi que leur degré de probabilité.

Étant donné l’accueil favorable qu’a eu le billet de Stéphane consacré à ce schéma sur les réseaux sociaux, j’ai décidé de le mettre en ligne sur ce blogue, afin de pouvoir le tenir à jour, au fur et à mesure que l’enquête progressera.

2ème partie : Vol MH 370 –
Les scénarios de prise de contrôle
de l’aéronef en un graphique >>>

Les couteaux de poche ne doivent pas être autorisés en cabine. – [2/3]

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Un couteau de poche est toujours plus dangereux qu’un lacet de chaussure.

Aviation civileCertes, il existe bien des moyens de faire monter une arme à bord d’un avion de transport commercial. Mais pour assurer la sureté des passagers, bannir les couteaux de poche de la cabine des aéronefs demeure une condition nécessaire et – malheureusement – non suffisante. Mais nécessaire quand même…

C’est suffisamment rare pour que je me permette de le mentionner : je ne partage pas du tout l’avis de l’expert Philip Baum – rédacteur en chef de la revue Aviation Security International – sur le sujet. Dans son dernier éditorial, M. Baum multiplie les erreurs de raisonnement. Ainsi, lorsqu’il écrit :

guillemet_Les couteaux de poche ne sont pas plus dangereux que les mains nues d’un terroriste, ou ses lacets de chaussures, sa ceinture, son stylo ou une flopée d’objets du quotidien qui peuvent être utilisés pour avoir le dessus sur des membres d’équipage ou des passagers.

Pocketknives are no more dangerous than a terrorist’s bare hands, his (or her) shoelaces, belt, pen or a host of everyday items which could be used to overpower crewmembers or passengers.

Dans ce cas, pourquoi les terroristes du 11-Septembre se sont-ils armés de box cutters pour prendre le contrôle des aéronefs ? Pourquoi n’ont-ils pas plutôt utilisé des lacets ou des stylos ?

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Accès de fureur dans les avions civils – Quel système d’auto-défense pour les membres d’équipage ? – 1ère partie

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Le wing chun, un art martial traditionnel peu efficace pour les agents de bord en situation réelle

La Chine fut, en 1973, l’un des tout premiers pays à se doter d’un programme d’agents de sureté à bord des aéronefs civils. Aujourd’hui, il comprend :

  • des Air Marshals, fonctionnaires du Bureau de sécurité publique au sein de l’Administration chinoise de l’aviation civile (ACAC), déployés sur une fraction des vols commerciaux chinois ;
  • des agents de sureté des compagnies aériennes, qui se répartissent ainsi :
    • des agents de sûreté à plein temps qui, comme les Air Marshals, se fondent parmi les passagers d’un avion ;
    • des agents de sûreté à temps partiel qui, comme dans les compagnies aériennes israéliennes, portent un uniforme de steward ou d’hôtesse de l’air et effectuent les mêmes tâches.

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Accès de fureur dans les avions civils – Quel système d’auto-défense pour les membres d’équipage ?

L’histoire de l’aviation civile moderne nous l’a déjà maintes fois prouvé : les membres d’équipage et les passagers constituent la dernière ligne de défense contre les terroristes et autres enragés des airs.

Si l’hypothèse terroriste fait l’objet d’une attention médiatique considérable, il faut remarquer qu’elle est très rare. Aussi, nous avons choisi de nous concentrer sur un autre aspect de la violence dans l’aviation civile : bien que globalement moins dramatique, l’accès de fureur en avion, s’avère une situation très fréquente, qui peut avoir des répercussions opérationnelles, psychologiques et financières importantes.

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