Le terrorisme éclipse encore et toujours le principal risque de sureté en vol

Aviation civilePour lutter efficacement contre les risques de sureté, encore faut-il bien comprendre leurs différentes natures. Si, dans l’aviation civile, on persiste à mettre en avant le terrorisme, c’est au détriment d’autres dangers autrement plus fréquents.

Le 25 avril dernier, l’aéroport de Mumbai (Inde) a été le théâtre d’un incident très remarqué… après coup.  Un voyageur du nom de Liju Verghese, a débarqué d’un vol international ; il est passé par un point de contrôle des passagers, afin d’aller prendre sa correspondance pour un vol intérieur vers la ville de Nagpur.

C’est après que tout est parti en vrille.

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Disparition du vol MH370 – Les principales hypothèses en une image

Outils d’analyse en renseignement
appliqués à la disparition du vol MH 370 (1/3)


Introduction et sommaire de cette série <

Aviation civileThéorie du renseignementCette semaine, j’ai soumis à mon ex-collègue-et-néanmoins-ami Stéphane Berthomet un schéma synthétisant les principales hypothèses dans ce qu’il faut bien appeler le mystère du vol Malaysian Airlines 370.

Ancien policier de l’antiterrorisme français – devenu néo-Québecois -, Stéphane est aujourd’hui spécialiste des questions policières au réseau TVA Nouvelles et chroniqueur au Journal de Montréal. Il s’est tout de suite intéressé au document et l’a publié sur son blogue professionnel – blogue dont je recommande d’ailleurs, à d’autres égards, de faire une lecture récurrente.

Le graphique ci-dessous repose sur une technique d’analyse structurée dite Hypothesis Mapping. Il ne prétend ni à la précision d’une horloge suisse, ni à l’exhaustivité, mais tente de capturer en une image les principales hypothèses avancées dans cette affaire, ainsi que leur degré de probabilité.

Étant donné l’accueil favorable qu’a eu le billet de Stéphane consacré à ce schéma sur les réseaux sociaux, j’ai décidé de le mettre en ligne sur ce blogue, afin de pouvoir le tenir à jour, au fur et à mesure que l’enquête progressera.

2ème partie : Vol MH 370 –
Les scénarios de prise de contrôle
de l’aéronef en un graphique >>>

Les couteaux de poche ne doivent pas être autorisés en cabine. – [2/3]

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Un couteau de poche est toujours plus dangereux qu’un lacet de chaussure.

Aviation civileCertes, il existe bien des moyens de faire monter une arme à bord d’un avion de transport commercial. Mais pour assurer la sureté des passagers, bannir les couteaux de poche de la cabine des aéronefs demeure une condition nécessaire et – malheureusement – non suffisante. Mais nécessaire quand même…

C’est suffisamment rare pour que je me permette de le mentionner : je ne partage pas du tout l’avis de l’expert Philip Baum – rédacteur en chef de la revue Aviation Security International – sur le sujet. Dans son dernier éditorial, M. Baum multiplie les erreurs de raisonnement. Ainsi, lorsqu’il écrit :

guillemet_Les couteaux de poche ne sont pas plus dangereux que les mains nues d’un terroriste, ou ses lacets de chaussures, sa ceinture, son stylo ou une flopée d’objets du quotidien qui peuvent être utilisés pour avoir le dessus sur des membres d’équipage ou des passagers.

Pocketknives are no more dangerous than a terrorist’s bare hands, his (or her) shoelaces, belt, pen or a host of everyday items which could be used to overpower crewmembers or passengers.

Dans ce cas, pourquoi les terroristes du 11-Septembre se sont-ils armés de box cutters pour prendre le contrôle des aéronefs ? Pourquoi n’ont-ils pas plutôt utilisé des lacets ou des stylos ?

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Les couteaux de poche ne doivent pas être autorisés en cabine. – [1/3]

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Le principal risque à bord des avions de ligne n’est pas le risque terroriste

Aviation civileSi l’on s’en remet à une véritable analyse du risque de sûreté dans les avions de transport commercial, on constate que le passager perturbateur violent présente un risque bien plus élevé que le terroriste en mission suicide.

Pour justifier sa décision de permettre la réintroduction des couteaux de poche, la TSA argue du fait que les portes de cockpit des avions de ligne ont été renforcées ; ainsi, il n’y aurait plus moyen pour un fou de Dieu armé un canif de réitérer le drame des Twin Towers. Pour la TSA, il conviendrait en revanche de mettre l’accent sur la détection des engins explosifs. Ce faisant, l’administration américaine énonce explicitement que le vrai danger du transport aérien, c’est le terrorisme. La réalité est tout autre.

Il existe en effet un risque bien plus grand que le terrorisme dans les avions de ligne. Un risque qui se réalise tous les jours, quelque part dans le ciel. Ce danger dans l’aviation civile qui devrait éclipser le terrorisme, c’est le passager perturbateur violent, celui qui ne tient pas l’alcool en altitude, celui qui stresse, celui qui n’a pas pris ses médicaments (ou en a pris trop) et qui entre en crise en frappant ceux qui lui demandent de se calmer. Les anglophones désignent cette menace sous le terme air rage. J’utilise pour ma part le vocable accès de fureur en vol. Continuer la lecture de « Les couteaux de poche ne doivent pas être autorisés en cabine. – [1/3] »

Accès de fureur dans les avions civils – Quel système d’auto-défense pour les membres d’équipage ? – 3ème partie

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Vers un autre paradigme : les techniques de saisie

Si les techniques de combat par frappe sont inappropriées en l’espèce, c’est naturellement vers les disciplines de saisie (grappling) qu’il faut se tourner.

Mais là encore, une sélection sévère s’impose.

Ainsi, par exemple, si l’on pense à l’aïkido, il faut garder à l’esprit que les luxations d’articulation et pressions sur les nerfs – que l’on retrouve d’ailleurs dans bon nombre de disciplines d’auto-défense – ne sont pas efficaces sur des personnes intoxiquées ou sous adrénaline. Par ailleurs, l’aïkido nécessite généralement un espace assez grand pour s’exprimer. L’agent de bord ne doit donc pas espérer placer un kote gaeshi au sortir des toilettes de l’appareil.

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Accès de fureur dans les avions civils – Quel système d’auto-défense pour les membres d’équipage ? – 2ème partie

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L’inadéquation des techniques de frappe

En matière d’arts martiaux, on distingue traditionnellement :

  • les disciplines de frappe (striking martial arts) telles que kung fu, karaté, tae kwon do, boxe,…
  • les disciplines de saisie (grappling martial arts) telles que judo, aïkido, jiu-jitsu,… qui privilégient les projections, les immobilisations au sol, les luxations d’articulation et les étranglements.

Nombre de compagnies aériennes forment leur personnel navigant à l’auto-défense en leur enseignant des techniques de frappe. Il en est de même au sein du Crew Member Self Defense Training Program (CMSDT). Développé sous la férule de la Transportation Security Administration (TSA), ce séminaire d’une journée initie les membres d’équipage aux techniques d’auto-défense à appliquer en situation de fureur en avion. Continuer la lecture de « Accès de fureur dans les avions civils – Quel système d’auto-défense pour les membres d’équipage ? – 2ème partie »

Accès de fureur dans les avions civils – Quel système d’auto-défense pour les membres d’équipage ? – 1ère partie

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Le wing chun, un art martial traditionnel peu efficace pour les agents de bord en situation réelle

La Chine fut, en 1973, l’un des tout premiers pays à se doter d’un programme d’agents de sureté à bord des aéronefs civils. Aujourd’hui, il comprend :

  • des Air Marshals, fonctionnaires du Bureau de sécurité publique au sein de l’Administration chinoise de l’aviation civile (ACAC), déployés sur une fraction des vols commerciaux chinois ;
  • des agents de sureté des compagnies aériennes, qui se répartissent ainsi :
    • des agents de sûreté à plein temps qui, comme les Air Marshals, se fondent parmi les passagers d’un avion ;
    • des agents de sûreté à temps partiel qui, comme dans les compagnies aériennes israéliennes, portent un uniforme de steward ou d’hôtesse de l’air et effectuent les mêmes tâches.

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Accès de fureur dans les avions civils – Quel système d’auto-défense pour les membres d’équipage ?

L’histoire de l’aviation civile moderne nous l’a déjà maintes fois prouvé : les membres d’équipage et les passagers constituent la dernière ligne de défense contre les terroristes et autres enragés des airs.

Si l’hypothèse terroriste fait l’objet d’une attention médiatique considérable, il faut remarquer qu’elle est très rare. Aussi, nous avons choisi de nous concentrer sur un autre aspect de la violence dans l’aviation civile : bien que globalement moins dramatique, l’accès de fureur en avion, s’avère une situation très fréquente, qui peut avoir des répercussions opérationnelles, psychologiques et financières importantes.

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