ACE, un projet de prédictions statistiques en renseignement

Par Amotz Brandes

Version originale : « ACE » – chameleonassociates.comhttp://ow.ly/eaoLn

Traduit de l’anglais (américain) par AP

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L’IARPA (Intelligence Advanced Research Projects Activity) est en quelque sorte le cousin en renseignement de la DARPA [Defence Advanced Research Projects Activity – NdT]. L’un de ses projets d’étude, baptisé ACE (Aggregative Contingent Estimation) entre dans sa deuxième année (il est prévu pour durer 4 ans). L’idée fondamentale de ce projet est que, via les statistiques, on peut accroitre la crédibilité d’une prédiction relative à un grand événement (comme un changement de régime politique ou une attaque terroriste), dès lors que cette prédiction implique un grand nombre d’analystes. Est-ce que les opinions ainsi agrégées de milliers d’analystes issus de 17 agences peuvent alerter ou prédire des événements globaux et ce, de façon plus précise que ne le ferait une poignée d’analystes super-pointus ? Ce sont de telles stratégies d’externalisation ouverte [crowdsourcing – NdT] que l’IARPA met à l’épreuve, à des fins de sécurité nationale.

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Qu’est-ce que le renseignement ? 3ème partie

par Kristan Wheaton

Version originale : Sources & Methods http://ow.ly/dWgwH – 2 juillet 2008

Traduit de l’anglais (américain) par AP

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Comment expliquer l’absence de définition ?

Pourquoi n’existe-t-il aucune définition consensuelle du mot « renseignement » ?

Ce n’est certainement pas par paresse. On a tenté à de nombreuses reprises de définir le renseignement dans la loi fédérale, dans les descriptions de mandat de diverses agences, entreprises et autres organisations menant des activités de renseignement ; idem dans les écrits d’universitaires et autres professionnels du renseignement. Au final, tout ce que ces tentatives ont réussi à faire, c’est semer la confusion.

Par exemple, jusqu’à récemment [fin 2007 – NdT], sur sa page web à destination des enfants, la CIA trouvait la question « Qu’est-ce que le renseignement ? » si difficile qu’elle rechignait en ces termes à y répondre :

Qu’est-ce que le renseignement ? Il n’est pas facile de répondre à cette question ; selon la personne à qui vous la poserez, vous obtiendrez des réponses différentes.»

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Qu’est-ce que le renseignement ? 2ème partie

par Kristan Wheaton
Version originale : Sources & Methods http://ow.ly/dwyC7 – 30 juin 2008
Traduit de l’anglais (américain) par AP

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L’importance d’une définition claire

Dans ce cas, pourquoi observe-t-on un tel manque de cohérence dans la définition du renseignement ?

Tout d’abord, il arrive souvent que des non-professionnels aient une vision romancée de certaines professions. Par exemple, principalement en raison de la popularité des films et séries TV se déroulant dans les tribunaux, beaucoup de gens ont tendance à penser que les avocats passent le plus clair de leur temps dans les prétoires. En réalité, c’est tout le contraire. La plupart des avocats sont peu souvent en cour ; et certains avocats n’y vont jamais. Pour ce qui est des idées préconçues du public à l’égard du renseignement, le plus simple serait de les attribuer à l’industrie du divertissement et à son insatiable appétit de fictions d’espionnage.

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Qu’est-ce que le renseignement – 1ère partie

par Kristan Wheaton

Version originale : Sources & Methods http://ow.ly/d5poi – 30 juin 2008

Traduit de l’anglais (américain) par AP

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Le problème que pose le terme renseignement

Note introductive : mon collègue Jim Breckenridge et moi-même passons l’été à réfléchir et à écrire sur le renseignement. Dans notre esprit, il s’agit du renseignement dans l’arène de la sécurité nationale, bien sûr, mais aussi en matière d’application de la loi, dans le secteur des affaires et dans de nombreux autres domaines où l’on peut pratiquer le renseignement ou des activités qui s’y apparentent. J’espère publier ici plus tard au cours de l’été quelques-unes des réflexions de Jim, mais j’ai décidé de commencer par l’un de mes sujets favoris : qu’est-ce que le renseignement ? Je trouve cette question particulièrement intéressante – et je vais d’ailleurs lui consacrer un article en plusieurs parties.

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Qu’est-ce que le renseignement ? – Résumé

par Kristan Wheaton

Version originale : Sources & Methodshttp://ow.ly/evRIN – 11 juillet 2008

Traduit de l’anglais (américain) par AP

  • Il n’existe pas de définition standard du renseignement. Contrairement à ce que l’on pense généralement et malgré les nombreuses tentatives des législateurs, des institutions et des universitaires, aucune définition ne fait consensus. Cela pose particulièrement problème lorsque l’on considère les nouvelles communautés du renseignement dans le domaine des agences d’application de la loi et dans le secteur privé.
  • Il est important d’élaborer une telle définition afin que germent, dans l’esprit des décideurs destinataires du renseignement, des attentes réalistes. C’est particulièrement important en contexte de démocratie, où les électeurs considèrent avec circonspection le secret et la raison d’État, qu’ils associent souvent aux fonctions du renseignement. Continuer la lecture de « Qu’est-ce que le renseignement ? – Résumé »

Une sureté efficace sans renseignement ?

Par Amotz Brandes

Version originale : Good Security without Intel?

Traduit de l’anglais (américain) par AP

Une organisation de sureté peut-elle travailler efficacement sans recourir à du renseignement fourni par des organismes à l’externe ? La réponse est un oui retentissant. Souvent, les organismes de sureté dépendent des agences gouvernementales pour la fourniture d’informations [sensibles]. Par exemple, la Transportation Security Administration (TSA) se fie au Terrorist Screening Center du FBI pour produire la liste d’interdiction de vol [No-Fly List] et la liste de sélection de contrôle secondaire. Le renseignement fourni par une institution gouvernementale peut évoquer la possibilité d’un attentat, identifier une personne digne d’intérêt ou révéler un mode opératoire terroriste. La diffusion de ce renseignement peut être aussi bien générale que spécifique. Mais, qu’il concerne l’identité d’un ennemi potentiel, des indicateurs de suspicion ou un mode opératoire, ce renseignement, certes bienvenu, s’avère limité par nature.

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Il faut tuer le cycle du renseignement – 13ème et dernière partie

La vue d’ensemble

par Kristan Wheaton

Version originale : Sources & Methods

Traduit de l’anglais (américain) par AP

– Introduction et sommaire de cette série –

En fin de compte, que vous acceptiez ou non ce nouveau modèle de processus du renseignement, il est évident que l’antique cycle du renseignement doit être éliminé. Peu importe que vous le fassiez avec les honneurs ou – comme je le recommande – avec des explosifs. À ce stade de mes développements, ce devrait être clair : le cycle   doit disparaître.

Pour résumer, on rappellera que le cycle du renseignement achoppe sur au moins trois plans :

  • on ne parvient pas à définir ce qu’il est, ni même ce qu’il n’est pas ;
  • il ne correspond pas à la façon dont fonctionne le renseignement au XXIème siècle ;
  • il ne nous aide nullement à expliquer nos processus aux décideurs que nous assistons.

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Il faut tuer le cycle du renseignement – 12ème partie

Le nouveau processus du renseignement – La seconde image

par Kristan Wheaton

Version originale : Sources & Methods

Traduit de l’anglais (américain) par AP

– Introduction et sommaire de cette série –

[Note : j’ai débuté cette série d’articles il y a plusieurs mois avec l’intention de la compléter à court terme. Mais, comme c’est souvent le cas, la vie s’est mise en travers du chemin… Si vous découvrez cette série (ou si vous avez oublié l’excitation qui prévalait à l’origine), je vous recommande de (re)commencer par le commencement. Pour les autres, je vous remercie de votre patience.]

Au plus haut niveau, le renseignement apporte un soutien indéniable au processus de prise de décision. Si l’on intègre ce constat, on peut alors commencer à comprendre ce qui régit les besoins en renseignement et caractérise les bons produits de renseignement. C’est là le message de la première image.

Mais qu’en est-il des détails ? Jusqu’ici, on comprend bien le contexte général. Mais comment le professionnel moderne du renseignement doit-il penser le processus du renseignement ? La seconde image a été élaborée pour répondre à ces questions.

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Il faut tuer le cycle du renseignement – 11ème partie

Le nouveau processus du renseignement – La première image

par Kristan Wheaton

Version originale : Sources & Methods

Traduit de l’anglais (américain) par AP

– Introduction et sommaire de cette série –

De cette étude consacrée au cycle du renseignement – et surtout à ses défauts –, s’il est un thème qui émerge, c’est bien que le processus du renseignement doit être considéré :

  • d’un point de vue global, comme partie intégrante d’un processus plus large de prise de décision ;
  • et d’un point de vue spécifique, comme quelque chose qui dispose de ses propres fonctions distinctives.

Fusionner les deux aspects du processus – l’un macro et holistique, l’autre micro et spécifique – me semble trop difficile à réaliser en un seul diagramme. Aussi ai-je scindé ma compréhension du processus du renseignement en deux images.

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Il faut tuer le cycle du renseignement – 10ème partie

Le nouveau processus du renseignement

par Kristan Wheaton

Version originale : Sources & Methods

Traduit de l’anglais (américain) par AP

– Introduction et sommaire de cette série –

Tous les exemples étudiés dans les sections précédentes ne sont véritablement que des hypothèses ou des suppositions quant à la façon dont le renseignement fonctionne (ou devrait fonctionner). Toutes sont fondées sur des représentations anecdotiques du processus du renseignement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui dans la seule communauté américaine du renseignement.

Peu de ces modèles ont tenté d’élargir leur champ d’action à l’intelligence économique ou au renseignement criminel. Et très peu d’entre eux s’appuient sur une quelconque recherche systémique et empirique. De fait, même s’ils représentent plus ou moins précisément la façon dont on pratique le renseignement de nos jours, il est difficile de savoir si ces modèles sont les meilleurs que les professionnels du renseignement puissent imaginer.

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